Le cerveau

3 Mar 2019 | | Laisser un commentaire

Cet article sur le « cerveau » est le premier d’une série conçue sur la base des trois dimensions caractérisant l’être humain : « La pensée – le ressenti – et l’action » que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer dans de précédents articles. L’idée m’est venue d’approfondir chacun des éléments de ce triptyque après avoir réalisé que des mots comme : « esprit », « pensées », « idées », « conscient », « inconscient », « cerveau », « hémisphère droit », « hémisphère gauche », etc. étaient fréquemment utilisés dans la littérature sans que j’en connaisse l’exacte signification et sans que je sache établir vraiment de liens entre eux.
J’ai d’abord choisi de parler du cerveau sur le plan physiologique car il est évident que sans cet organe je n’aurais pas eu l’idée ainsi que la possibilité physique d’écrire cette série d’articles. Le cerveau coordonne les mouvements du corps, accueille l’esprit, la conscience, l’inconscient, les pensées, les idées, etc. et déclenche les émotions.

Le cerveau humain, comme les autres organes du corps, est constitué de matière organisée. Sa structure, qui n’a pas encore révélé aux scientifiques tous ses secrets, est l’organisation la plus interconnectée et la plus complexe du corps humain. De toutes les espèces animales, l’homme possède le cerveau le plus abouti et aussi celui qui, à l’échelle d’une vie, met le plus de temps à se développer. Le cerveau n’a eu cesse de se transformer au cours de l’évolution et il est évident qu’il a la faculté de continuer sa croissance. Dans son livre intitulé « Au-delà de la culture », l’anthropologue américain et spécialiste de l’interculturel, Edward T. Hall, rapporte que le médecin et neurobiologiste américain Paul D. MacLean a démontré que l’homme possède trois cerveaux :

Le plus ancien est appelé cerveau « reptilien », « souche », « archaïque » ou encore le « crocodile », mot utilisé par jeu, par le journaliste et écrivain Arthur Koestler et adopté par la psychothérapeute Catherine Aimelet-Périssol dans l’écriture de son livre « Comment apprivoiser son crocodile », ouvrage auquel je fais souvent référence dans mes articles. D’après Edward T. Hall : [Il (le cerveau reptilien) assure les fonctions vitales et des fonctions plus particulières telles que l’orientation dans l’espace – c’est-à-dire la démarcation du territoire et les réactions du surpeuplement.]
Dans leur livre « La magie des émotions », la psychologue clinicienne Elisabeth Couzon et la consultante et psychothérapeute Françoise Dorn apportent des précisions quant au fonctionnement du cerveau archaïque : [l’hypothalamus et le système neurovégétatif s’occupent de gérer et de réguler de façon automatique les organes et les différentes glandes endocrines sécrétant des hormones. […]. C’est lui (le cerveau archaïque) qui veille sur votre bien-être et qui assure la survie.] Deux programmes bien distincts l’animent : concernant l’action, le système sympathique ou orthosympathique et concernant le repos, le système parasympathique ou vagotonique.
Catherine Aimelet-Périssol précise dans son ouvrage : [Son rôle est fondamental puisqu’il (le cerveau reptilien) régule la satisfaction de nos besoins essentiels tels que dormir, boire, manger, se reproduire. Il assure aussi, avec le cerveau limbique, le besoin d’intégrité qui se manifeste sous trois formes : besoin de sécurité (1), d’identité (2) et de réalité d’être (3).].
Nous mettons en place, comme pour la plupart des espèces animales, différentes réactions de défense afin de répondre à ce qui menace notre besoin d’intégrité. La perception d’un danger déclenche dans notre corps un trouble nommé émotion, par définition furtif (vingt millisecondes) et intense. Notre comportement réactif est immédiat. Face à la menace nous fuyons pour l’éviter, nous luttons pour la maîtriser ou nous nous refermons sur nous même pour passer inaperçu d’elle. Lorsque le danger est grand, nous prenons instinctivement la bonne décision, celle qui nous sauve la vie.

Le sentiment de menace met en branle notre deuxième cerveau, le « système limbique », appelé également « mammifère » ou « émotionnel ». Il provoque sur le cerveau deux effets que le docteur en psychologie et journaliste Daniel Goleman détaille dans le tome 1 de son livre « L’intelligence émotionnelle » de la manière suivante : [D’une part, il (le système limbique) libère de la catécholamine, génératrice d’un afflux d’énergie brusque et passager, mais suffisant pour se lancer dans une « action vigoureuse ». Cette poussée d’énergie dure quelques minutes, pendant lesquelles elle prépare le corps à combattre ou à fuir, selon la façon dont le cerveau évaluera les forces de l’adversaire. […] D’autre part, une autre onde issue de l’amygdale par la branche adrénocorticale du système nerveux dispose également à l’action en procurant à l’organisme une tonicité de fond, qui perdure bien plus longtemps que le coup de fouet de la catécholamine.] « L’adrénaline libérée dans le sang entraîne un rythme cardiaque accéléré, de la transpiration, de la tension musculaire pour préparer le corps à l’action. » (E. Couzon et F. Dorn – La magie des émotions).
Daniel Goleman précise également que le « néo-cortex », notre troisième cerveau, analyse et tempère, si nécessaire, après coup les réactions spontanées de peur panique ou de rage mises en œuvre par le système limbique dans l’urgence de la menace. Comme la réaction néocorticale emprunte un circuit plus long, ces émotions originelles prennent naissance en dehors de la pensée, avant même que celle-ci n’apparaisse, ce qui fait dire à Daniel Goleman : [Parce qu’il faut à l’esprit rationnel plus de temps pour percevoir et réagir qu’à l’esprit émotionnel, la « première impulsion » dans une situation émotionnellement chargée vient du cœur et non de la tête.] Le psychologue clinicien Patrick Amar et la psychologue clinicienne Silvia André écrivent à ce sujet dans leur livre « J’arrête de… stresser ! » : [Les émotions représentent ainsi une forme d’intelligence préverbale et préconsciente.]

Edward T. Hall définit le rôle du système limbique de la façon suivante : [Le système limbique s’est développé en réponse aux poussées évolutives qui ont permis aux oiseaux et aux mammifères de vivre en groupe. Le système limbique permet de ressentir des émotions – de plaisir et de douleur – et de trouver un sens à l’environnement. Il joue aussi un rôle important dans l’affinement des observations, en permettant d’affronter un environnement de plus en plus complexe, où prédominent les hiérarchies.].
Selon Elisabeth Couzon et Françoise Dorn, le système limbique a pour fonction de gérer les éléments affectifs : [A l’intérieur (du système limbique), se trouvent deux formations nerveuses qui ont un rôle exceptionnel à jouer : l’amygdale qui traite toutes les émotions et assure la liaison avec l’hypophyse, l’hypothalamus et l’hippocampe qui a une incidence sur la mémorisation des émotions. L’amygdale joue un rôle important car c’est elle qui va ordonner au cerveau archaïque de déclencher la commande des hormones de stress.]
Daniel Goleman précise que l’hippocampe et l’amygdale mémorisent et gèrent respectivement leurs propres informations. Quand l’hippocampe retrouve une information, l’amygdale, la banque de données émotionnelles, se charge de préciser si ce souvenir est chargé d’affects. La relation entre une mère et son enfant détermine l’étendue de la palette des émotions dont ce dernier dispose. [L’enfant va ainsi associer une sensation à une pensée.] écrivent Elisabeth Couzon et Françoise Dorn. Dès notre plus jeune âge nous associons à un événement un sentiment de plénitude, de tristesse ou autre. Concernant la mémoire à long terme, l’hippocampe, appelé également « l’archiviste » de la mémoire, et l’amygdale fonctionnent à l’unisson.

Le « nouveau » cerveau ou cerveau « cortical » baptisé également « néo-cortex » surmonte et enveloppe les deux autres cerveaux. Il abrite la pensée rationnelle. D’après Elisabeth Couzon et Françoise Dorn, le cerveau cortical a pour mission d’analyser, de trier l’information et de réfléchir : [Il (le cerveau cortical) reçoit les composantes sensorielles (c’est ainsi que nous sentons) et, par son intermédiaire, les sensations sont transformées en perceptions, pensées et mémoires.].
Edward T. Hall ajoute que le néo-cortex assure majoritairement la fonction symbolique dans la conduite de l’homme.
En fait, le néo-cortex est constitué de deux parties physiques clairement distingues : l’« hémisphère gauche » et l’« hémisphère droit » ou encore le « cerveau gauche » et le « cerveau droit ». On situe l’intelligence rationnelle dans le cerveau gauche et la partie intuitive ainsi que le potentiel créatif qui caractérise le génie humain dans le cerveau droit.
Ce dernier envisage chaque situation dans son ensemble de manière synthétique sans s’encombrer de détails. Il détient, avec une certaine cohérence, une image du monde. Il permet, par exemple, de reconnaître une personne à partir d’un élément de son visage. Il voit la forêt là où le cerveau gauche aurait tendance à voir des arbres.
L’hémisphère gauche procède à un traitement séquentiel, linéaire et analytique de l’information. On y trouve le langage, la lecture, l’écriture, le calcul, etc. et c’est pourquoi il est aussi appelé hémisphère « dominant », « majeur » ou « verbal ». Par opposition, l’hémisphère droit est qualifié de « silencieux ». Par contre, dans le langage des contes, des mythes et des rêves il est loin de rester inactif.
Physiquement séparés, les deux hémisphères se complètent, coopèrent et forment ainsi ce fameux néo-cortex capable de construire une réalité. Les connexions interhémisphériques s’établissent par l’intermédiaire du corps calleux.
Un système nerveux central permet aux nerfs, à la moelle épinière et au cerveau de communiquer.

Le décor est posé, notre cerveau, fruit de l’évolution est devenu de plus en plus complexe mais il fonctionne néanmoins de façon mécanique. Il stocke en permanence des informations comme le fait un disque dur d’ordinateur qui, à la différence du cerveau humain, n’oublie jamais rien.
Au niveau de son contenu, les scientifiques savent en grande partie de « quoi » notre cerveau est constitué. Concernant son processus de fonctionnement, ils commencent à comprendre « comment » il marche. Sur le plan de son rôle, ils savent qu’il est au cœur de l’humain d’abord « pour » nous pousser à agir.
Mais ne ferions nous pas d’autres usages de notre cerveau que celui de mémoriser ? Si oui, quels sont-ils, à l’instar de l’acte sexuel d’abord accouplement pour la reproduction devenu au fil du temps également source de plaisir ?

(1) Besoin de sécurité : sureté + liberté à créer.
(2) Besoin d’identité : appartenance + différence (ou reconnaissance à créer) (« Qui suis-je ? »).
(3) Besoin de réalité d’être : harmonie plus épanouissement personnel (« Où vais-je ? »).

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